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Art.20120705 Xavier Niel : l'empêcheur de plumer les pigeons en paix

Beaucoup d'articles fleurissent actuellement sur les prétendues conséquences de l'arrivée de Free sur le marché de la téléphonie mobile. Les analystes s'en donnent à coeur joie pour vilipender le trublion de la téléphonie, l'empêcheur de plumer les pigeons en paix, le tueur de l'investissement et de la recherche.
L'un des dernier avis en date, est celui de l'ex ministre des finances, ex PDG de France Telecom et actuel patron d'Atos, Thierry Breton, qui dans une interview au journal Le Monde, y va de ses commentaires sur Free et sur l'Arcep.

M. Breton, quand, dans votre entreprise, le crédit impôt-recherche (CIR) sert uniquement à créer de la marge opérationnelle afin de rétribuer les actionnaires (35 millions d'euros de dividende versés en 2011), il serait de bon ton de ne pas incriminer Free sur la menace qu'il ferait prétendument peser sur l'innovation. Quasiment tous les projets d'Atos Intégration ont fait l'objet d'une déclaration au titre du CIR et la marge opérationnelle 2011 pour Atos Intégration est de 12 millions d'euros dont... 15 millions de crédit impôt recherche ! Les fonds de l'état servent à masquer 3 millions de pertes ! Et pourtant, Free n'était pas encore là.

L'arnaque sur les prix du téléphone mobile qui perdurait depuis l'invention du "Forfait" par France Telecom prenait clairement les usagers, y compris les moins riches, pour des vaches à lait. Des forfaits à 60 euros par mois avec des clauses illisibles qui aboutissait à des dépassements de forfaits dit "illimités", c'était réellement de l'arnaque, dans la pure lignée des tarifs inter-urbains du téléphone fixe dans les années 60-70. Il y a eu aussi la période "toute minute commencée est due" dénoncée par toutes les associations de consommateurs. Il y toujours la formule du prépayé avec sa période de validité : c'est comme les yaourts, ça se périme ! Même feues les cartes téléphoniques pour feues les cabines ont fini leur vie avec une date de péremption. C'est tout simplement du racket !

Quand une famille doit s’acquitter de 150 euros mensuels pour simplement pouvoir téléphoner, c'est sûr que ça fait un beau gâteau. Alors il était impératif de ne se le partager qu'à trois. Mais derrière ces trois opérateurs qui se gavaient il y a une multitude de sous-traitants qui se battent pour ramasser les miettes. Et ils sont nombreux, les prétendants aux miettes. Mais qu'on partage le gâteau en trois ou en quatre, le nombre de miettes est le même, voire supérieur. Alors, plutôt que critiquer le nouvel opérateur, il serait surement plus constructif pour une SSII comme Atos de travailler avec, ce qui sera difficile après le florilège de petites phrases de M. Breton.

M. Breton, vous avez dit : "Privilégier le "low cost" dans la décennie qui vient ne saurait tenir lieu de politique industrielle !". Et pourtant, que faites vous chez Atos si ce n'est du low-cost, avec des délocalisation systématiques en Inde, Pologne, Maroc, Roumanie... Chez Atos 40% des projets doivent être produits dans des pays à bas coût ! Alors, quelle est votre politique industrielle pour la décennie à venir ?

On voit d'autre part des syndicats qui montent au créneau pour dénoncer Free et ses prix "tueurs d'emploi". Comment se fait-il que ce soit les syndicats qui soit obligés de faire des recours auprès du conseil d'état ? Orange ne l'a pas fait. Avec la manne financière que lui rapporte l'opération, il serait bien idiot de se plaindre. D'autant plus que cette manne est encore plus importante que prévu. Alors, ces syndicats ne se trompent-ils pas de cible ? N'est-ce pas Orange qu'il faudrait surveiller ? Si Orange profite de l'occasion pour supprimer des postes, ce ne sera pas le fait de Free, mais un simple effet d'aubaine.
C'est ce qu'il se passe aussi chez SFR et Bouygues : une aubaine pour se restructurer (comprendre supprimer des emplois) en en faisant porter la responsabilité sur le concurrent. Ce n'est pas un peu facile ? Les opérateurs "historiques" étaient pourtant prévenus que Free allait casser les prix. Ils n'ont pas été pris en traître.

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