|
C'est avec force
que le SPECIS s'associe aux différentes structures qui
tentent de faire entendre raison aux différents acteurs
qui souhaitent imposer, par tous moyens, la brevetabilité
des logiciels.
Cette
volonté hégémonique anglo-saxonne prend
prétexte de la mondialisation et de la liberté de
commercer pour, dans un cadre préformaté faire
apparaître la nécessité de protections
spécifiques. Même la Commission dite "Européenne"
voit, dans la justesse des motifs exposés, une position
absolue visant à protéger Auteurs et Éditeurs
de logiciels. Mais, pourquoi VOULOIR protéger
absolument les logiciels sans être plus précis dans
le descriptif de la matière à protéger
? S'agit-il de protéger l'aspect visuel et fonctionnel
seulement (la création de l'esprit ; ce qui existe
déjà) ou de protéger aussi les lignes de
codes ? Dans ce dernier cas l'ambiguïté est de
taille puisque cela revient à verrouiller des combinaisons
de lignes de codes et ainsi, empêcher d'autres personnes de
les utiliser, sauf en payant des royalties. Nous aboutirons
rapidement au monopole de la programmation.
Certes,
cette perception est restrictive, mais elle a l'avantage de mieux
appréhender le fond du problème. Pourtant, son
exposé pèche toujours de la même manière
: l'utilisateur est le principal exclu du raisonnement
global. Or, il s'agit bien de la part des demandeurs du
'brevet sur les logiciels', d'obtenir une protection
législative européenne. Protection sensée
les mettre à l'abris du « piratage ».
Voilà ! Le mot est lâché. Alors, oui !
C'est vrais, tout Auteur ou Éditeur à le droit
d'être protégé contre tout acte de piraterie.
Mais ces protections ne doivent pas être à sens
unique, ce qui est majoritairement le cas aujourd'hui. Certes, il
y a déjà des lois pour protéger Auteurs et
Éditeurs de la piraterie ; pourtant, un certain nombre en
réclament encore plus. Coté consommateurs
(entreprises ou personnes privées) en matière
de protection, c'est le désert. Même si quelques
lois existent dans certains pays, elles sont si peu appliquées
et les victimes tellement mal indemnisées, qu'elles ne
servent à rien.
Par
exemple, prenons les licences associées aux logiciels
commerciaux. Vous pouvez les tourner dans tous les sens, Auteurs
et Éditeurs se déclarent non responsables des
conséquences de l'utilisation de leurs produits. Alors
que même la forte diffusion d'un produit devrait en faire
baisser le coût, ces produit restent excessivement chers
(Non ! Ce n'est pas la peine de suivre mon regard, vous avez
deviné.). A ces prix élevés, s'ajoute le
fait qu'ils sont très buggés. Quant aux
corrections, n'en parlons pas, leur diffusion reste
confidentielle. L'utilisation du logiciel ne peut se faire
qu'après la rupture d'une étiquette vous invitant à
retourner le produit si vous n'êtes pas d'accord avec les
termes de la licence. Cette rupture de l'étiquette vous
lie juridiquement par contrat tacite avec l'Auteur ou l'Éditeur.
Un comble pour un produit commercial. Alors, à quoi bon
vouloir breveter des produits qui manquent de fiabilité ?
En fait, cet aspect du problème permet d'alimenter
de nombreuses controverses. C'est un faux débat destiné
à cacher les véritables enjeux de cette partie de
dés « pipés ».
De
tout temps et sous couvert d'arguments très largement
déformés relevant plus de la propagande, l'Europe a
toujours fourni aux anglo-saxons et particulièrement à
l'Amérique, la matière grise nécessaire à
leur avancée technologique. Pourtant, l'Europe reste le
spécialiste de la modélisation en termes de qualité
et de fiabilité sur certains produits. Seulement voilà,
les Américains sont de mauvais joueurs. Nous l'avons bien
vu avec le Concorde. Alors, quand ils estiment que les Européens
mettent leurs sales pieds dans leur pré carré, rien
ne va plus ! il y a des « ratées ».
C'est le cas actuellement pour « Linux »,
un système d'exploitation Européen qui remet en
cause le quasi monopole d'un autre système d'exploitation
concurrent et Américain. Alors là ! plus question
de laisser les Européens venir les narguer sur un terrain
qu'il considère comme étant le leur. Il devient
urgent d'arrêter ces trublions qui, au travers de
techniques, de procédés et de licences novatrices
pour les usagers (entreprises et particuliers), mettent en
danger la machine de guerre internationale du commerce américain.
Alors, tout est bon ; même l'utilisation de leur partenaire
Anglais qui, comme par hasard :o) , siège au Conseil
Européen.
Il est vrais que dans cette affaire, la
Commission Européenne donne l'impression de promouvoir
l'hégémonie anglo-saxonne et particulièrement
celle de l'industrie américaine du logiciel. Il serait
intéressant qu'elle apporte des explications sur ce point
particulier ; ce sera certainement très captivant. Aux
États Unis d'Amérique, la législation sur
les 'brevets de logiciels' draine des milliard de dollars.
C'est la solution pour accroître vos gains avec de
« l'argent facile », dès lors
que vos moyens vous permettent de mener à terme vos
procédures. Or, de nombreuses entreprises américaines
subissent les assauts répétés des prédateurs
spécialisés dans la technique d'appropriation des
brevets. Certaines ne s'en relèvent pas... Est-ce de
cela que la Commission Européenne se voudrait la marraine
? Quelle sera la contre partie pour la défense de l'emploi
en Europe ?
C'est pourquoi, s'il doit y avoir une
législation européenne sur sur les 'brevets de
logiciels', il nous semble urgent de mettre dans la balance
un argument légitime. Cet argument doit être
impératif et compenser, pour tout utilisateur, les
protections réclamées par ces Auteurs et Éditeurs
; à l'Europe de confirmer son savoir faire : « Sans
exclusion aucune et pour toute sa durée de vie chez le
client, le logiciel couvert par un 'brevet sur les logiciels'
doit être obligatoirement garanti contre tout vice de
construction et de fonctionnement. De fait et sans
restriction, la garantie couvre la totalité des
conséquences des vices de fabrication intellectuels et
matériels. Dès lors que le produit est
commercialisé, toute clause contractuelle excluant tout ou
partie de cette garantie est nulle et non avenue. Pour quel
que motif que ce soit, même pour valider la licence d'un
logiciel, le 'brevet sur les logiciels' n'autorise
nullement l'Auteur ou l'Éditeur à s'infiltrer dans
un système informatique qui ne lui appartiendrait pas au
moment des faits. Ces agissements sont systématiquement
assimilés à des actes d'espionnage et de violation
de domicile ; même s'il est, ou peut être, démontré
que l'Auteur ou l'Éditeur a mené cette action avec
juste raison. Ces dispositions doivent impérativement
être conjointes à la création du 'brevet
sur les logiciels' si cette idée est
maintenue. »
Telle est la proposition
du SPECIS en matière de droit à la protection. Elle
doit être vraie pour tous. Maintenant, si certains
finissent par en rester à la protection sur les droits
d'auteurs protégeant l'oeuvre de l'esprit, telle qu'elle
existe actuellement, alors...
|