Questions à Luc Bérille
Où en est-on de la crise à cette rentrée ?
Les chiffres encourageants du début 2011 ont laissé la place à une croissance quasi-nulle pour le 2nd trimestre. L'énorme crise financière de 2008-2009 a conduit à un surendettement généralisé des Etats. Les monnaies, dont l'Euro, sont fragilisées. La machine économique reste largement enrayée, en France comme dans le monde. L'emploi en est la première victime : le chômage s'est encore accru en juin. Avec 2/3 des emplois créés qui sont précaires, l'intégration des jeunes arrivant sur le marché du travail à cette rentrée sera très difficile.
Quelle stratégie l'UNSA défend-elle face à cette situation ?
Le plan anti-déficit présenté par M. Fillon ne contient pas les choix clairs et justes qui seraient nécessaires. A l'évidence, l'efficacité implique plus d'intégration européenne. Quant au problème de la dette, il faut le traiter dans un esprit de justice social, en particulier fiscalement. Mais on ne peut davantage ignorer la question centrale de l'emploi qui nécessite une relance ciblée de l'économie et pas de s'arcbouter sur la défense politicienne des restes de la loi TEPA. C'est ce que l'UNSA a demandé au Premier ministre le 30 septembre, en insistant sur le danger qu'une politique stricte d'austérité fait peser sur la cohésion sociale.
Quelle action syndicale ?
Dans une situation aussi difficile, le problème n'est pas de faire de l'agitation mais d'être efficaces. Il faut, et ne pas se tromper sur ce qu'on revendique, et prendre en compte le niveau possible de mobilisation. C'est le sens du travail de l'UNSA dans l'intersyndicale.
