Les négociations climatiques internationales à l'aune de la conférence de Durban
Madame Celine Mesquida, rapporteure (groupe environnement et nature) .Saisine gouvernementale confiée à la section des affaires européennes et internationales
Séance plénière du 8 novembre 2011
Déclaration de l'UNSA
Le seul traité mondial visant à limiter les émissions de gaz à effet de serre est le protocole de Kyoto. Avec le temps, on peut affirmer qu'il a un rôle considérable malgré un succès restreint et une efficacité limitée. De plus, il expire en 2012.C'est dire l'importance que revêtent les négociations qui vont s'ouvrir à Durban à la fin de cette année.Les inondations exceptionnelles qui ravagent actuellement la Thaïlande sonnent comme une démonstration que la lutte contre le changement climatique nécessite l'engagement de tous les pays. Les futures négociations devront définir les principes d'un nouvel accord mondial et inventer des outils efficaces. Au-delà des réunions bilatérales entre gouvernements ou du G8, l'Organisation des Nations Unies (ONU) doit être le moteur pour que cette coordination soit réelle et énergique.L'UNSA souhaite qu'un rôle important soit confié à l'OIT par l'octroi d'un mandat la reconnaissant comme l'agence des Nations Unies spécialisée dans les questions liées au travail. Un pilier social et un emploi fort doivent s'ajouter aux politiques climatiques et énergétiques.Les pays industrialisés doivent faire un plus grand effort. Ces pays sont responsables d'environ trois-quarts des gaz à effet de serre émis le siècle dernier. Tout en étant encore à l'origine d'environ la moitié des gaz à effet de serre aujourd'hui, ils ne représentent que 20 % de la population. Résoudre la crise climatique mondiale passe nécessairement par la définition d'une nouvelle solidarité climatique.Il est indispensable que les ministres des finances du G20 prennent des engagements concrets en vue, d'une part, de fournir les 200 milliards d'euros de fonds publics pour soutenir l'adaptation des pays en développement pour la période 2013-2017 et d'offrir un financement adéquat dans les pays industrialisés grâce à un investissement dans la promotion des emplois verts ; d'autre part, d'adopter une « transition juste », de manière à protéger les travailleurs lors de l'évolution vers une « économie verte ». Les ministres des finances du G20 peuvent ainsi ouvrir la voie à un accord ambitieux, qui inclurait des objectifs contraignants sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre dans les pays industrialisés ainsi que des mesures similaires ou visant une augmentation contrôlée dans les pays en développement.L'UNSA considère que, par son poids politique et économique, l'Union européenne joue un rôle crucial dans les négociations internationales sur le climat. Alors que de nombreux pays industrialisés traînent des pieds, elle doit les tirer vers le haut. L'UNSA soutient les positions adoptées le 20 octobre 2011 par la Confédération européenne des syndicats laquelle reste fermement attachée à la conclusion d'un accord global, équitable, contraignant et ambitieux.Si aucun accord global ne pouvait être atteint, une deuxième période d'engagement du Protocole de Kyoto sera, au minimum, nécessaire et devra être basée sur des objectifs forts et ambitieux en matière de réduction des émissions, d'un renforcement de la transparence et d'un système de suivi, de rapport et de vérification clair. La conférence de Durban doit également déboucher sur une feuille de route conçue pour mener le plus rapidement possible à un tel accord global ; elle pourrait également prévoir un réexamen de la situation en 2015 afin que l'on puisse tenir compte en temps opportun de nouvelles données scientifiques.Les préconisations du CESE vont dans le sens d'un accord dans le droit fil du Protocole de Kyoto et l'UNSA considère que c'est une solution marquée du sceau du pragmatisme pour répondre à l'enjeu d'une division par deux des émissions de gaz à effet de serre en 2050 grâce à une gouvernance climatique mondiale reposant sur un vote à la majorité avec des instruments économiques efficaces et des financements internationaux « additionnels » à destination des pays qui ont peu de moyens.L'UNSA a voté l'avis.
Résumé des débats
Face à l'ampleur et la rapidité du réchauffement climatique il y a urgence à agir car le changement climatique montre ses effets et va se poursuivre en affectant, en premier lieu, les populations les plus vulnérables. Le décalage entre le défi climatique d'une part, la lenteur et la complexité des négociations sur ce sujet explique la désillusion et un fort sentiment d'enlisement des citoyens. Le CESE a souhaité, à l'approche de la Conférence de Durban, faire entendre la voix des organisations de la société civile sur des enjeux majeurs pour l'avenir de la planète et de ses habitants.Pour cela le CESE a propose cinq axes pour que le changement climatique soit envisagé comme une opportunité de repenser nos modèles de développement, surtout en période de crise économique et sociale.
- Améliorer la gouvernance internationale du climat en renforçant le processus de négociations au sein de l'ONU,
- Se fixer un haut niveau d'ambition avec des engagements plus volontaires
- S'adapter dès à présent aux effets du changement climatique et défendre des positions fortes pour lutter contre la déforestation et la dégradation des forêts tropicales primaires
- Financer efficacement et équitablement le défi climatique et conjuguer aide au développement et défi climatique,
- Aller vers une économie plus sobre en ressources naturelles
Vote
Votants : 175 - Pour : 174 - Abstention : 1
http://www.lecese.fr/rapports-et-avis
