Les énergies renouvelables Outre-mer : laboratoire pour notre avenir
Sommaire
M. Patrick Galenon, rapporteur (groupe Outre-mer)
Auto saisine
Le développement économique des Outre-mers se poursuit et s'accroit avec son corollaire le niveau croissant des besoins énergétiques. Le président de la République a rappelé, notamment lors du Grenelle de l'Environnement, que l'Outre-mer devait être un des laboratoires des énergies renouvelables de l'avenir.
Toutes les conditions y sont réunies pour :
-
permettre d'expérimenter dans des conditions réelles tous les modes de productions possibles
envisager de nouvelles modalités de transport et de distribution -
contribuer à l'amélioration de l'efficacité énergétique, composante essentielle de la sécurité énergétique.L e CESE a déjà produit une série de travaux sur le thème des enjeux énergétiques et il lui a semblé opportun d'étendre son expertise au développement des énergies nouvelles, ainsi qu'à la mise en place de « mix » énergétiques utilisant, en l'occurrence, les potentiels particuliers des collectivités d'Outre-mer.C'est dans ce contexte que le bureau du CESE a confié un rapport et un avis à la section des activités économiques (auto saisine du 25 janvier 2011). Le rapport et l'avis devront constituer : -une initiative de précision des atouts des collectivités d'Outre-mer en matière de technologie énergétique
une ressource, pour nos entreprises, d'ingénierie exportable vers des pays connaissant les mêmes contraintes.
Le projet d'avis a été voté le 13 juillet 2011.
La déclaration de l'UNSA
Session plénière des 12-13 juillet 2011
L'UNSA a pris connaissance avec beaucoup d'intérêt, des projets de rapport et d'avis portant sur Les énergies renouvelables Outre-mer : laboratoire pour notre avenir.Le rapport a le grand mérite de présenter une situation particulièrement fouillée des problèmes énergétiques, qui se veut complète, du niveau mondial à celui de chacune des entités ultramarines. Si l'UNSA se félicite de cette présentation qui montre les perspectives en matière de réserves énergétiques mondiales, elle estime, cependant, que l'accent aurait aussi du être mis sur les potentialités qui existent en matière d'une véritable politique expérimentale de « négawatts » et des économies qui en découlent.
De même, comme il est si bien remarqué dans le rapport, la consommation des énergies est la plus forte en ce qui concerne les déplacements et l'habitat. Aussi, il eut été nécessaire de mieux cerner cette situation au niveau de l'Outre-mer, d'avoir une meilleure vision des évolutions à venir et des politiques mises ou à mettre en oeuvre. Il eut été aussi judicieux de mieux cerner le poids du secteur énergétique, tant en chiffre d'affaires que d'emplois, et ce tant au plan global qu'au plan local, et d'en montrer les perspectives et potentialités. Par ailleurs, l'UNSA estime indispensable un travail plus étroit avec les différentes collectivités mais aussi avec les différents conseils consultatifs Outre-mer. Cela aurait permis de mettre en avant les évolutions récentes, ainsi que les positionnements des socioprofessionnels adoptés, suite aux décisions du gouvernement (exemples : gouvernance et géothermie à La Réunion, expérimentations législatives en Guadeloupe). Enfin, comme dans d'autres domaines, ces territoires demandent d'avoir des politiques gouvernementales stables sur du moyen/long terme permettant des investissements tant intérieurs qu'extérieurs, ce d'autant plus qu'il s'agit là d'un secteur très capitalistique.
L'avis trace un certain nombre de propositions que, globalement, l'UNSA approuve.Elle aurait souhaité que soit aussi rappelée la nécessaire veille scientifique sur ce domaine qui évolue très rapidement. Par contre, elle est beaucoup plus réservée sur la notion de « réseaux intelligents » qui ont trop souvent abouti à une dépense supplémentaire pour le consommateur, même si elle est ponctuelle. Compte tenu de la situation sociale existante dans la très grande majorité de ces territoires, des mesures spécifiques doivent être prises.Par ailleurs, elle suggère que la problématique énergétique soit inscrite dans les Schémas d'innovation de chacun des territoires ; cela aurait pour avantage de mieux prendre en considération les domaines de la recherche et développement, de leur financement ainsi que des nécessaires synergies entre la recherche (publique ou privée), les entreprises (entre elles, interne et externe), la formation et les collectivités. De même, une meilleure intégration de ce secteur doit se faire dans les politiques régionales de co-développement,en particulier par le biais d'une meilleure reconnaissance du savoir faire des entreprises locales. Sur ce point, il est regrettable de ne pas encourager les partenariats des grandes entreprises nationales avec elles sur les marchés extérieurs qui environnent les Outre-mer. De plus, l'UNSA estime que ce secteur demande une réactivité importante en ce qui concerne les formations et que, là aussi, l'innovation doit être de mise.Enfin, l'UNSA s'inscrit dans cette demande importante que l'Outre-mer devienne un « laboratoire pour notre avenir » et présente une « vitrine » de son savoir-faire. Il va de soi que ce laboratoire, cette vitrine, ne consistent pas en un retour vers une économie de comptoir, au seul bénéfice des entreprises nationales, et ce au détriment de ces territoires, de leurs entreprises et de leurs populations.Au-delà de ces remarques, l'UNSA rend hommage au travail fait et souhaite que les pistes d'approfondissements et de propositions mises en avant soient prises en considération.
L'UNSA a voté pour l'avis.
Résumé des débats
L'Outre mer a une demande d'énergies en forte croissance, laquelle ne saurait être opposée à une nécessaire politique de maitrise de la consommation et d'amélioration de l'efficacité énergétique. Les territoires d'Outre-mer disposent d'atouts non négligeables en matière d'énergies renouvelables, qu'ils ont développés avec succès. L'Outre-mer s'est vu assigner un objectif d'autonomie énergétique à l'horizon 2030 et ces territoires constituent autant de laboratoires pour le développement des énergies renouvelables. La diversité des conditions naturelles permet d'expérimenter tous les modes de production dans des conditions réelles.Le potentiel de l'Outre mer et son rôle de laboratoire d'une partie du futur énergétiques, les enjeux industriels pour exporter un savoir faire national, justifient que le CESE porte son attention sur les expériences menées dans ces territoires et qu'il s'interroge sur le financement d'un système énergétique original qu'il lui revient de créer.
Le CESE propose :
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De réaliser un effort nécessaire en matière de recherche et de développement pour des investissements mieux ciblés et plus efficaces
en créant davantage de synergies et en renforçant les liens entre l'Outre-mer, la métropole et les territoires ; -
en organisant un meilleur pilotage de la chaine de production/ distribution dans le développement des énergies renouvelables ;
en concentrant les efforts de recherche et développement sur le stockage de l'énergie ;
en favorisant la mise en place des démonstrateurs ;
en adaptant les réseaux énergétiques de distribution (« réseaux intelligents ») ; impliquer les habitants vers une autonomie énergétique)
D'améliorer la gouvernance locale pour un mix énergétique efficace (en améliorant le pilotage des politiques publiques et en intégrant la dimension énergie aux évolutions du transport et de l'habitat).
De faire en sorte que les énergies renouvelables en outre-mer constituent à la fois un laboratoire et une vitrine nationale pour l'export et un facteur d'aide au développement.
Vote
Pour : 191
Abstention : 3
L'UNSA a voté l'avis
Voir la déclaration de l'UNSA Voir le rapport et l'avis sur Les énergies renouvelables Outre-mer : laboratoire pour notre avenirhttp://www.lecese.fr/index.php/rapports-et-avis/les-energies-renouvelables-outre-mer
