La mobilité des jeunes
Monsieur Jean-François Bernardin, rapporteur (au nom de la section de l'éducation, de la culture et de la communication)
Séance du 9 novembre 2011Saisine gouvernementalePar lettre du 22 mars, le Premier ministre souhaite recueillir l'avis du CESE sur les perspectives de mobilités internationales, territoriales, sociales, culturelles ou professionnelles qui s'offrent aux jeunes français. Il est demandé au CESE de dresser un état des lieux des offres de mobilité et d'identifier les freins à celle-ci.Le gouvernement souhaite que le CESE mette en adéquation les structures existantes et les ambitions et besoins exprimés par les jeunes.
Déclaration de l'UNSA La saisine du Premier ministre à l'origine de l'avis qui nous est soumis aujourd'hui ouvre un cadre extrêmement large qui aurait selon nous justifié la mise en place d'une commission temporaire pour pouvoir traiter des aspects connexes tels par exemple que l'aménagement du territoire ou encore la mobilité professionnelle. Aussi, l'UNSA tient à saluer le travail réalisé par la section. Cependant, malgré les efforts fournis, l'avis n'offre qu'une vision parcellaire de la mobilité des jeunes. Néanmoins, cet avis a le mérite de regrouper de manière exhaustive les dispositifs existants, ce qui en fait un document inédit et précieux. Il livre une analyse pertinente de l'ensemble des freins à la mobilité. Nous en partageons globalement le constat : même si la mobilité étudiante est très élevée, elle n'en reste pas moins trop rare et trop inégalement accessible. L'UNSA considère que si la mobilité n'est pas un objectif en soi, elle demeure un vecteur irremplaçable d'ouverture sur le monde, d'émancipation des jeunes, de dialogue interculturel et finalement d'employabilité. Pour autant et contrairement aux idées reçues, il n'existe pas de corrélation entre le taux d'emploi des jeunes diplômés et la mobilité internationale, comme nous le démontre l'étude de l'APEC du 28 septembre 2011. L'UNSA regrette que cet avis n'aborde que très peu les questions de mobilité professionnelle et manque cruellement d'ambition concernant les jeunes issus des quartiers populaires, particulièrement exclus des dispositifs de mobilité. Pour l'UNSA, le PNRU 2 devrait prendre en considération la question de la mobilité des jeunes dans tous ses aspects. Comme le démontre l'avis, il existe différents niveaux territoriaux d'aides à la mobilité. Beaucoup de régions ont innové et nombre d'entre elles ont d'ailleurs été précurseurs en la matière. L'Europe a, elle aussi, mis en place des programmes qui restent encore trop souvent méconnus. L'UNSA appuie donc fortement la recommandation de l'avis de tout mettre en oeuvre pour faire connaître l'ensemble des dispositifs existants. La mise en place d'un site Internet constitue une des pistes intéressantes, mais ne suffira pas pour traiter l'ensemble des freins à la mobilité. Il faudra mobiliser l'ensemble des acteurs, qu'ils soient éducatifs ou associatifs ; au niveau départemental, régional, national et européen. Il faudra exiger d'eux une mobilisation accrue afin de proposer aux jeunes un accompagnement de proximité pour leur permettre d'accéder à des expériences de mobilité. Comme le préconise l'avis, l'UNSA souhaite vivement la recherche de complémentarité entre les politiques régionales, nationales et européennes. L'UNSA déplore que l'État, à l'inverse de certaines collectivités locales, ne mobilise pas plus de moyens autour de cette thématique. Pour l'UNSA, tout doit être mis en oeuvre pour permettre la mobilité de tous les jeunes et ce, quelle que soit leur origine socioculturelle, leur lieu d'habitation ou encore leur niveau d'études. La démocratisation de la mobilité n'en est encore, comme le souligne l'avis, qu'à ses balbutiements. Pour l'UNSA, cet avis constitue une première étape importante, mais appelle à aller rapidement plus loin dans les propositions et dans les solutions à apporter pour répondre aux grandes et nombreuses attentes des jeunes. L'UNSA suggère donc de poursuivre sans tarder ce travail afin que le CESE puisse approfondir et élargir le champ d'analyse et proposer davantage encore de solutions innovantes. Cette première approche était nécessaire, ce qui rend l'avis judicieux, malgré les réserves émises. L'UNSA a voté pour son adoption.
Résumé des débatsLa mobilité présente pour les jeunes de nombreux avantages et facilite l'accès au monde du travail. Les dispositifs pour les accompagner dans leur projet de mobilité sont très éparpillés et mal connus. L'absence de mobilité constitue, pour un jeune, un frein réel à son développement social et professionnel, d'autant qu'elle s'accroît avec le niveau de diplôme.
Les propositions du CESE portent sur trois points principaux :
- Dès le plus jeune âge : relance des classes de découverte et développement des séjours à l'étranger.
- La création d'un portail unique d'informations dédié à la mobilité :
- Pour les mobilités nationales : une politique globale de logement pour les jeunes et une généralisation des bonnes pratiques régionales en matière de moyens de transport.
- Pour les mobilités internationales : fixation d'un objectif de 10% de l'ensemble des jeunes ayant effectué une mobilité à l'étranger au cours de leur parcours de formation,meilleure sécurisation de la mobilité européenne et internationale et un véritable effort en faveur de l'apprentissage oral des langues étrangères.
- En matière de dispositifs existants de mobilité :
- Développer des partenariats entre universités pour ERASMUS, LEONARDO et COMENIUS,
- Orienter prioritairement le programme Jeunesse en action vers des jeunes n'ayant pas suivi d'études supérieures,
- Promouvoir, pour les jeunes sans expérience de mobilité, le service civique.
VoteVotants : 182 - Pour : 181 - Abstention : 1
